Un poème
Ce sont des mots qui bougent
Qui dansent délicatement
Qui volent
Ce sont des mots grimpants
Qui se jouent du temps
Qui planent quand le vent les emporte
Qui s'enracinent parfois tout chargés de lumière
Dans les coeurs ou dans la terre
Qu'importe
Ce sont des mots qui
Donnent la vie aux choses
Et tout le reste est de la prose

Pauvre Sarah
Au bout du quai
Et tu tombas
Si lourdement
Dans l'eau froide du lac
Qu'on eût dit une pierre
Détachée de la paroi
Rocheuse derrière moi
Et je fus aspergé
Comme si
Pour la dernière fois
Tu avais pleuré
Blottie dans mes bras

On n'a jamais retrouvé ton corps
Et je crois
Qu'il en va de toi
Comme de ces gens qu'on aime
Et qui ne sont
Jamais tout à fait morts

Nuit d'amour
Il ne faut pas
Que tu te précipites
La nuit va s’ouvrir
Sur les champs de l’amour
Et glisser doucement
Comme sur du velours
Alors que les cœurs
A l’unisson palpitent

Il ne faut pas
Que tu cherches à fuir
La lune est rousse
Belle à ravir
Et légèrement voilée
Le vent coquin la pousse
Gloire à l’éternité

Les oiseaux
Pendant mes heures mortes
Par la fenêtre close
J'observe les oiseaux
Qui s'envolent
Ou se posent
Et que j'envie un peu

Pour survivre je dois
Rester de ce côté
Du mur et de la porte

Le ciel paraît immense
Et mon imagination
Emporte
Mon regard si haut
Que je me compare
A l'hirondelle
Ou au moineau

Mais la ballade n'est
Que de courte durée
Des bruits familiers
Me rappellent
Entre les murs
Derrière la porte

 

Jacques Herman

 

 

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